mercredi 22 août 2012

Carnet 3 - Anglet, fin de partie

Chère Fleur du Lointain, au terme de ce voyage, jamais je ne fus aussi proche de vous...

J'approche de la mer. Je vous relate mes dernières impressions et expériences.  Ce voyage d'Est en Ouest vous aura permis de découvrir le pays hexagonal. Je vous fais profiter des dernières photos prises à l'insu des autochtones aux moeurs si différentes de votre pays, je les observe d'une terrasse de café, je rédige. En quelques années, la Wifi a trouvé ses adeptes dans les bourgs, les villages touristiques... A rédiger mon Blog en déjeunant, je me croirai chez vous, en Asie.

La tente coffrée
Qu'ai-je encore franchi? Entre le 6 et le 9, le Gers, les Landes. J'avance en chantonnant, les doigts pianotent sur le guidon des mélodies éphémères. Pour la dernière étape, ma soeur et mon beau-frère m'attendent à Montfort en Chalosse. Puis deux nuits à l'hôtel. La tente restera dans le coffre de leur voiture. On a beau aimer l'aventure et la nature mais un vrai lit, ça repose.

L'attente qu'au frais
Soleil de 40 °, le bitume fond. Il vaut mieux rester à l'ombre des palmiers. 2 jours de cagnard. Heureusement, chère Fleur, que je ne roule pas: les pneus fumeraient. A la fraîche, le 11 au matin, je reprends la route: au menu du jour 90 kilomètres jusqu'à Anglet. Et là: Klaxons, râleries et surtout vitesse étourdissante; il n'existe aucune place pour le vélo sur la route qui relie Montfort à Bayonne. J'enjambe la barrière de sécurité, soulève le vélo et le passe par-dessus la rembarde; je fuis la nationale et la départementale.
Détour obligatoire
Je préfère emprunter la voie verte qui longe  l'Adour; ce qui me rallongera la route de 20 kilomètres et m'amenera enfin au Port de la ville basque.

Anglet, finale partie
A Anglet, l'été, les rochers excentriques semblent fuir la plage et s'élancer dans l'océan. Le moindre centimètre carré de sable est recouvert tantôt d'une serviette de bain, tantôt d'un seau ou d'une pelle ou bien d'un pied de parasol. Le soleil hypnotique me brûle la peau et m'assèche la gorge. Et puis il y a ce vent de la mer chargé de l'effluve des crèmes solaires. C'est la Grande Messe de l'été. Les parkings sont pleins, les restaurants et les bars ne cessent jamais de désemplir pour se remplir à nouveau: c'est la marée touristique à l'assaut de l'esplanade.
1100 km en tout, sans problème physique ni technique:
mission accomplie. Les mollets sont en bon état, Tigre Bleu aussi.

Semaine angloy
Accueilli et invité par la fine bande de Baroja, je vivrai la ville maritime à l'intérieur des terres; en effet, je passerai la majeure partie de mon temps dans l'auditorium des Ecuries, le piano quart de queue pourra en témoigner.
Ce séjour amical va donc se transformer peu à peu en "petite résidence artistique"de façon spontanée et informelle.

La mise en selle du solo
Mon intention était de jouer le spectacle esquissé en Asie devant différents groupes d'enfants du centre de Baroja. Je me lance franco...

D'abord une grosse claque personnelle, mais celle qui vous paraisse nécessaire pour le bien du spectacle à venir. Avec la complicité de Dominique Lambert, qui a prêté main forte pour la scénographie des "Train Des Gens", je remets tout à plat, je réfléchis à voix haute, Dominique m'aiguille, me refait prendre. J'abandonne le texte français et reviens à une forme visuelle et musicale burlesque.

Les deux représentations du lendemain paraîtront plus légère; mais il reste encore à trancher sur un point essentiel: cirque ou pas cirque?
Les deux jours suivants, cette fois sans public, je répèterai les matins seul et les après-midis face à l'oeil expert de Dominique. Les borborygmes, les voix différentes de chaque personnage, la "dé-composition" du personnage initial a permis l'apparition du personnage plus "terre à terre": celui d'un cycliste ("Pielo"). Tout simplement. En ré-inventant ce personnage, je prends d'autres marques, développe un style plus décalé qu'il ne l'était au démarrage; je sens plus de liberté dans le jeu. Le cirque s'efface au profit de numéros courts façon music-hall. Le spectacle se rapprochera d'un "cabaret cycliste" et... déjanté.

Le cirque a toujours joué un rôle dans mes textes mais - et c'est un constat: à chaque fois que je recourai au cirque de façon directe, c'était un fiasco. Allez savoir pourquoi. En revanche, pris en référence ou de manière saupoudrée, avec légéreté, juste en clin d'oeil: c'est un spectacle viable. Toma Tom ne dira jamais le contraire. J'en ai pris acte à mon détriment et c'est tant mieux. Date pour le Solo: Samedi 6 octobre, à Paris. 20h. Rue du Ratrait. Une salle de peintre transformée à l'occasion en salle de spectacle. 50 personnes maxi, un piano. Un ami de Jean et Hôa: ce nouveau pasSage marquera les prémices du quatrième voyage en solitaire à vélo et en spectacle.

Merci à Blandine et Jérôme pour leur Home Sweet Home, Nicole pour ses oreilles et son repas somptueux et arrosé dès mon arrivée, Chloé pour son sourire et Dominique pour sa "Mise en selle"... que je dois poursuivre avant de lui re-proposer un travail peaufiné, répété au cordeau. Un spectacle où la gestuelle, la voix et la musique se lient et les scènes s'enchaînent comme les notes d'une partition.

à gauche: les Barojastes ou Barojistes

Voilà, chère Fleur, que ce petit périple s'arrête déjà, sans que j'eus le temps de respirer votre parfum délicat: vous vous êtes éclipsée discrètement de cette plage piétinée par une foultitude d'Homo Touristus. Vous avez fui. Je vous comprends. Ce sera pour moi l'occasion de repartir à votre recherche. Birmanie puis Viet Nam et Cambodge : 4000 km... je prépare 2013.

Quant aux Bloggers-lecteurs, merci de m'avoir lu et encouragé, bonne fin d'été.

Et un Rendez-vous avec la Compagnie LAVIFIL:
Samedi 25 août, place Saint Louis à Metz
10h-18h: un chantier de fouilles mené par les Exploraconteurs,
spectacles et ateliers pour les enfants et ceux qui souhaitent le rester.

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